Bilan de l’hôtellerie 2017

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Aucun doute, l’année 2017 aura été un bon cru pour le secteur hôtelier français. Selon l’Insee, le nombre de nuitées serait passé de 200 millions en 2016 à 209,9 millions en 2017. Presque 10 millions de réservations supplémentaires pour cette année, qui nous valent un joli rebond du taux d’occupation, passé de 58,4% à 61,2%. L’occasion de se pencher de plus près sur les performances du secteur selon les gammes d’établissements ou les localisations, pour avoir une meilleure idée du bilan hôtellerie 2017.

 

Les types de clientèle

C’est en grande partie au retour de la clientèle étrangère que nous devons ce regain du secteur. En hausse de 9% par rapport à 2016, le tourisme hôtelier étranger représente en 2017 pas moins de 36% des nuitées. Un retour que nous devons certainement à l’accalmie des attentats, qui avaient nettement diminué l’affluence des touristes étrangers sur les années 2015 et 2016. Parmi la clientèle étrangère, on retrouve une partie importante de Nord-Américains, d’Espagnols, ou encore de Chinois.

La clientèle d’affaires a également contribué à ce bilan 2017 positif, notamment les MICE (Meetings », « Incentive », « Conferences » et « Exhibitions / Events»).

Une fréquentation en hausse sur l’ensemble du territoire

Globalement, l’ensemble des régions françaises ont vu leur taux d’occupation augmenter cette année. On compte environ 2 à 3 points supplémentaires en moyenne, avec cependant quelques grands gagnants comme l’Ile de France (plus de 40% de réservations supplémentaires à la nuitée), ainsi que les villes de Lyon et de Nice (avec respectivement plus de 30% et 20% de réservations en plus pour chaque nuitée).

Comme chaque année, on constate toujours une plus grande difficulté des hôtels en zone rurale ou excentrée à remplir leurs effectifs. Pour ces établissements, le taux de remplissage moyen est estimé à 46,3% en 2017, un taux insuffisant pour parvenir à rentabiliser correctement l’activité.

Hôtels indépendants VS Chaînes

La vraie différence s’observe plutôt entre chaînes d’hôtels et petits hôtels indépendants.

La prédominance des chaînes d’hôtels

Les chaînes d’hôtels ont la faveur des clients. On constate en effet un écart de 10 points en comparant leur taux de fréquentation en 2017. Le succès des grandes chaînes est toutefois moins lié à leur nombre d’hôtels (qui représentent seulement 20% du parc hôtelier français) qu’à la capacité de chaque établissement (82 chambres en moyenne, contre 26 pour les hôtels indépendants). Cette importante capacité leur permet en effet d’absorber une clientèle nettement plus nombreuse et de faire face aux pics d’affluence.

On note également, de manière assez paradoxale, que ces hôtels ont, malgré leur grande taille, un meilleur taux d’occupation. Cela s’explique par une plus grande facilité à exploiter les données commerciales et à segmenter la clientèle, ce qui leur permet notamment d’attirer des clientèles de segments complémentaires (le loisir et les affaires, par exemple). Ce meilleur taux d’occupation s’explique également en grande partie par le choix des localisations des hôtels de chaîne, ces derniers étant uniquement localisés dans les zones les plus stratégiques (en Ile de France, à Lyon ou sur la Côte d’Azur). Cela n’est pas le cas des hôtels indépendants, souvent situés dans une zone moins touristique, plus éloignée des grands axes de circulation et des lieux où se déroulent colloques, conférences et salons.

Les chaines hôtelières représentent donc aujourd’hui 51% de parts de marché, alors même que leurs établissements ne représentent qu’un cinquième de la totalité du parc hôtelier français. Les hôtels appartenant à ce type de structure sont globalement plus rentables car mieux occupés, mais également plus chers (20 à 25% de plus que les hôtels indépendants). Il leur est donc plus facile d’amortir leurs charges fixes d’exploitation, qui représentent environ 90% de leurs de frais globaux.

Les OTAs : meilleur espoir des hôtels indépendants ?

Malgré cette prédominance des chaînes, la force commerciale des agences de voyage en ligne (OTAs) pourrait parvenir à modifier le paysage du secteur hôtelier en donnant de plus en plus de visibilité aux hôtels indépendants.

De plus en plus, les voyageurs apprécient le large choix qu’offrent les OTAs comparé aux centrales de réservation des chaînes. Leur influence tend à inhiber la puissance hégémonique de ces dernières et remet fondamentalement en question leur modèle commercial. Il n’est donc pas impossible que d’ici une dizaine d’années, la tendance finissent par s’inverser au profit des hôtels indépendants les plus visibles, les plus grands, et les mieux localisés. Les petites structures isolées resteront en revanche moins profitables que les concurrents présents sur les grandes villes, en particulier tant que la clientèle étrangère et la clientèle d’affaires resteront stratégiques pour le secteur. Ces structures ont cependant des chances de regagner le cœur de la clientèle française de loisirs, qui tend à revenir vers les plaisirs simples de vacances au calme à la campagne. Le caractère insolite, la notion de charme et d’authenticité constituent des arguments de différenciation qui trouvent un écho favorable auprès des clients.

Un bilan de l’hôtellerie 2017 plutôt disparate

Si la majorité des hôtels, quelle que soit leur gamme, ont fortement amélioré leur taux d’occupation sur l’année 2017, le bilan de l’année profite en priorité aux grandes structures appartenant à des chaines d’hôtels.

Or, il faut noter qu’en France, les hôtels de petite taille constituent encore la majorité du parc hôtelier : quasiment les trois quarts ont moins de 50 chambres, et presque un tiers en ont moins de 20. Une partie importante des acteurs de l’industrie hotellière française sont donc tout juste rentables, malgré une amélioration de leur taux d’occupation en 2017.

L’hôtellerie indépendante a cependant des chances de continuer à gagner du terrain ces prochaines années, en partie grâce à la visibilité qu’offrent l’écosystème des OTAs et à l’assimilation des technologies digitales, mais également parce que leur modèle tend à répondre de mieux en mieux à la volonté des français de passer des vacances dans des structures à taille humaine, où l’authenticité et le service priment.

Estelle

Estelle

Social Media Manager